Il arrive à des types tout à fait fonctionnels de se retrouver dans une situation très embarrassante que l’on appelle dans notre jargon professionnel de blogueurs la bite molle, que certaines filles nomment le mou.
Attention, je ne parlerai pas de problèmes d’impuissance, seulement des «petits accidents» qui arrivent de temps à autre.
Alors on pense qu’il n’y a plus de grands tabous sur le sexe, qu’au final, c’est devenu assez courant de parler fesses entre copines comme-dans-sexe-and-the-city ou entre mecs comme-depuis-la-nuit-des-temps, voire même en groupes mixtes et dégourdis. Effectivement, on parle sodomie, sado-masochisme, les godemichés sont même présents dans nos rayons de supermarché (on peut se demander quand l’épicier du coin en vendra pour les urgences du dimanche).
Mais la majorité des « accidents » des relations sexuelles n’est pas tellement abordée (à part peut-être chez Jade ou ZoneZeroGene). La raison de ce silence, c’est peut-être une certaine culpabilité que ce soit de la part du garçon ou de la fille, mais c’est surtout une grande ignorance de la cause du problème.
Pour faire un peu sérieux, j’ai quand même regardé les réponses d’un moteur de recherche à « bande mou ». C’était amusant. Surtout des forums blindés de questions paniquées :
« Ça fait deux semaines qu’on est ensembles et au moment de passer à l’acte… », « Mon mec a un problème », « Au secours je bande mou », « Si le mec bande mou… Faute de la nana ? », etc.
Alors je vais essayer une petite mise en situation, Mesdames, Mesdemoiselles.
Au moment où vous constatez les faits, que ce soit parce qu’il est tout de même parvenu à la faire entrer, ou parce qu’en descendant, vous vous étonnez que votre langue ne vous soit d’aucune aide, vous êtes choquées. Réaction simple, vous écarquillez un peu les yeux, produisez un sourire crispé, vous dites peut-être un « Oh » déçu en essayant de le faire passer pour neutre, si vous êtes réactives, vous sortez un « C’est pas grave », les yeux pourtant rivés sur l’appendice de votre partenaire, aussi inerte que la jambe de bois d’un pirate mort.
À ce moment, plusieurs choses vous passent par l’esprit. Je ne saurais pas vraiment laquelle en premier. Disons que ce sera l’appréhension de votre frustration, vous vous dites que ce soir, vous allez finalement pas prendre votre pied. Puis le questionnement, malgré votre doigté habituellement efficace, et le fait que vous ayez bien évité de mettre les dents en utilisant votre bouche, il ne s’est pas relevé. Vous vous demandez si ça lui arrive souvent (ce serait rassurant) mais il ne serait pas allé jusque là avec vous si c’était le cas. Dans ce cas est-ce vous ? Est-ce ces 2 kilos en trop que vous jurez avoir pris au niveau de la partie intérieure droite de la cuisse ? Ou cette forme étrange qu’a votre sein lorsque vous levez un bras ? Que ce soit par auto-défense, par vengeance réflexe, ou parce que vous êtes sûre de vos charmes, vous finissez souvent par conclure que c’est de sa faute. Mais le doute persiste au fond de votre nature féminine : Ne serais-je pas assez attirante ?
Laissez-moi vous dire deux choses :
- C’est la faute de personne.
- Réagir comme décrit plus haut ne fera qu’empirer la situation.
Il y a plusieurs raisons possibles pour que le chapiteau ne soit pas dressé, que le drapeau ne soit pas hissé, que… Enfin vous m’avez compris.
Il y a l’alcool et les drogues, déjà. Garçons, si vous pensez conclure le soir venu, n’abusez pas du lubrifiant social : l’alcool, tout comme le tabac et certaines drogues, fait augmenter la pression artérielle. Alors on aura beau être excité, Popaul boudera quand même. Pour les drogues, je ne les citerais pas, car les drogues, c’est le mal, et que c’est illégal, et que évidemment moi j’y touche pas. Mais faire l’amour sous extasy est formidable.
Cela dit, vous pouvez toujours en profiter pour exiger du Monsieur qu’il utilise le reste de son corps pour vous montrer de quoi il est capable, et vous donner envie de rester voir ce que la magie du petit matin fait à son braquemart.
La deuxième cause la plus probable, ce serait la pression. Dites-vous qu’au moment de vous hisser sur le lit (ou la table, ou la chaise, ou le sol), votre partenaire, lui, monte sur un ring où il affrontera son propre corps afin de vous satisfaire. Le culte du bon coup est aussi puissant chez nous que celui du ventre plat chez vous. Il y a des gens qui comptent sur notre virilité pour leur faire honneur, il y a vos amies à qui vous raconterez tout le jour suivant, il y a aussi et surtout vous, femmes aux orgasmes parfois mystérieux. En bref, beaucoup de pression sur les épaules, et l’homme peut se retrouver à faire l’hélicoptère avec une hélice molle.
Il y a un autre type de pression : L’amour. Mine de rien, il est sans doute plus facile d’être dur du boudin lorsqu’il n’y a pas de sentiments dans l’affaire. De nos jours on sait qu’une relation où la sexualité ne fonctionne pas est vouée à l’échec, alors la pression des premières fois avec la personne chérie peut causer des problèmes d’érection (ou d’éjaculation précoce).
Dites-vous surtout, Mesdames, Mesdemoiselles, que la pression, c’est subjectif et provisoire. Prenez une tisane ensemble, prenez ça à la rigolade (sans moquerie, ce serait un coup fatal porté à sa virilité), bref soyez indulgentes et confiantes, il pourrait vous surprendre une fois remis de son émotion.
Même si ce n’est pas une règle à proprement parler, il faut mentionner le fait que le préservatif puisse couper toute envie à votre poilu. Peut-être est-ce trop serré pour lui, peut-être est-ce le fait de voir sa verge emprisonnée dans du latex, peut-être, simplement, est-ce le fait qu’on ne ressent pas grand chose quand on est dedans (vous sentez quelque chose quand vous avez un gant malpa sur la main ?).
Finalement, une cause qui est étayée par beaucoup d’études récentes, la pornographie. C’est sérieux. La pornographie (quel que soit le support, qu’il soit professionnelle ou amateur) peut devenir addictive et amoindrir le désir d’un homme, donc sa capacité à rester la queue dressée. De plus, les psychologues s’accordent à dire que la masturbation est une sexualité adolescente, et que son abus peut faire regresser sexuellement parlant. Ça ne casse pas la troisième patte à un canard, selon moi, mais ça méritait d’être mentionné.
Pour finir, un petit mot pour les Garçons…
- Ne vous jetez pas sur l’élue de votre corps en faisant comme si de rien, elle le remarquera et ce sera encore plus gênant.
- Ne vous sentez pas amoindris, ça arrive même à Chuck Norris.
- N’utilisez surtout pas ça comme excuse pour ne rien glander au pieu. Vous avez des mimines et une langue qui sont tout à fait aptes à satisfaire votre partenaire. La bite, c’est pas automatique.
Et un petit mot pour les Filles…
- S’il avait l’intention de bander mou, il ne l’aurait pas sortie pour vous la montrer. C’est donc pas voulu de sa part.
- Même si tu te trouves moche et grosse, sache que la trique n’a pas d’œil, donc ce n’est généralement pas à cause de ça.
- Votre réaction est importante pour la suite. Une attitude déçue ou accusatrice ne fait qu’augmenter la pression (« mais… je ne te plais pas ? ») et fera perdre toute chaleur à l’atmosphère, de même que continuer d’essayer de la relever alors que c’est visiblement à plat pour quelque temps.
Mots-clefs :bande mou, impuissance, point de vue, Sexe, sexualité, trouble de l'érection

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