Castrations ordinaires

Réflexion personnelle   Par RobinGoodFellow, le 12. décembre 2009

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Quand j’ai lu JR critiquer le manque de réactivité des hommes dans le métro, une question m’est revenue à l’esprit.

Les hommes sont-ils encore des « hommes » ?

Parmi les nombreuses amies avec qui je discute et que j’écoute, il y en a un certain nombre qui ont eu, ou ont (probablement auront) des relations amoureuses avec des garçons qui ne savaient pas vraiment s’imposer, ou prendre de décision, enfin qui étaient loin de l’idéal de l’homme fort et volontaire.
D’autres m’ont aussi raconté qu’en soirée fétichiste(1), la grande majorité des personnes soumises étaient de sexe masculin. Certaines avaient même eu des propositions de soumission (puis-je lécher vos bottes, maîtresse ? véridique) en pleine rue, ou dans le métro.
En même temps, la mode et ses canons étriqués touche (enfin ?) les hommes qui, pour être hype, deviennent carrément métrosexuels(2) et doivent cultiver une certaine androgynie pour être à la page. Adieu l’idéal James Bond de Sean Connery et bonjour l’imberbe Tokyo Hotel. (Je suis convaincu qu’on finira, comme les puces, par ne plus distinguer les sexes et qu’on devra coucher un peu partout au hasard pour essayer de se reproduire). Bref.

Mais pourquoi cet idéal de l’homme fort, volontaire, autrement dit, cet homme masculin n’est-il plus en vogue ?

Outre l’aspect masculin (quelques poils, muscles, un peu de hauteur…), qu’est-ce qui définis la masculinité ?

En réfléchissant aux clichés du genre, l’homme masculin doit être protecteur, sûr de lui, de ses choix et de sa sexualité, tout en étant galant et compréhensif. L’image globale doit donner quelque chose comme ça, oui.

En d’autres termes, on pourrait dire… Dominant. Pas macho, hein, une force tranquille.

C’est pour moi le coeur du sujet.

J’ai bien l’impression que l’homme dominant, à la perpetuelle et insatisfaite recherche d´une femme, devient de plus en plus rare.
La plupart des témoignages que j’ai eu sur des mecs « dominants » ont été à propos d’homme frisant largement l’obsessionnel, (le jaloux maladif, le contrôle-tout, le pompeur de personnalité, etc.)
Je pense que l’absence de masculinité chez les uns, et le machisme hypertrophié des autres sont preuves d’un malaise social montre à quel point l’archétype « homme » est sur la brèche en ce moment : pour s’identifier en tant que masculin, une partie des gens deviennent machos.

Comme mentionné dans l’à propos du site, il suffit de regarder autour de soi pour trouver un sujet de réflexion. Dans les  publicités masculines, il n’y a guère que Chabal ou Petitjean pour avoir une barbe. Dans l’audiovisuel, l’homme qui finalement réussit à séduire la princesse est le baffouillant timide slash geek (cf. Notting Hill, par exemple, mais bon nombre de comédies romantiques marchent aussi).

J’ai donc cherché une explication et distingué trois grandes possibilités :

  1. L’absence de représentations d’homme masculin dans la vie de tous les jours
  2. La peur du pouvoir que représentent les femmes (50 ans de féminisme tout de même)
  3. Une évolution naturelle due au mélange des deux sexes sur les lieux de travail et de divertissement.

La troisième possibilité me semble la plus sensée. Il n’y a même pas 40 ans, les activités des hommes et des femmes étaient grandement différentes, les seuls endroits où ils se croisaient réellement étaient soit le cadre familial, soit des lieux spécifiquement dédiés à la rencontre intersexuelle.
Maintenant hommes et femmes vivent, travaillent, se divertissent aux mêmes endroits. Les lieux typiques des uns sont peu à peu investis par les autres. S’opèrerait  alors une influence mutuelle, peut-être…

J’en suis toujours à me poser la question.

(1)NB: Les préjugés habituels ne sont pas fondés. La D/S n’implique pas forcément d’actes sexuels ni d’abus ou de douleur, et un fétichiste peut très bien être dominant.

(2) En bref, vivre les tortures quotidiennes dont la plupart des femmes ont l’habitude (esthéticienne, épilation, produits, passer 2h devant le miroir, etc.)

[Photo]

Edit : Dans l’émission Zone Interdite de dimanche, chapitre « Croqueuses d’hommes », les témoignages d’hommes concordent sur leur préférence d’être dragué plutôt que faire le premier pas.

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  • http://mayavega.blogspot.com/ gr3nade

    Je crois que la réelle définition de l’homme aujourd’hui se limite à « avec un pénis et protecteur ».
    (voir à « avec un pénis et qui s’en sert bien », et « qui nous fait nous sentir bien dans ses bras »)
    On vous demande pas d’être EGO (de ressemble à un moi idéalisé) on demande d’être ÉGAUX. Le reste vous pouvez avoir des poils dans le nez qui dépassent… (un jour -pas deux- ;) )

    Quant à errer sexuellement de droite et de gauche pour finir par se reproduire… c’est vraiment si mal que ça ?

  • roussille

    Je ne pense pas qu’il y est de sexe faible ou de sexe fort, il y a des hommes faibles et des hommes forts et des femmes faibles et des femmes fortes, c’est tout. on ne peut pas parler de généralité car dans certains couple c’est la femme qui domine et dans d’autre c’est l’homme ! la seule chose importante c’est que chacun y trouve son compte car il faut pas croire mais bcp d’hommes aiment etre dirigés et ne peuvent pas vivrent autrement !!

  • http://www.sexe-faible.fr/tag/gyr/ Gyr

    @gr3nade (Ah ben le voilà ton site)
    Joli, le concept EGO/EGAUX. C’est vrai. Le but est de trouver une certaine harmonie, que ce soit en ayant deux caractères forts, deux faibles, ou que ça oscille vers l’un ou vers l’autre (tant que c’est assumé).

    @Roussille : Parfaitement, c’est le point de cet article. L’idéal masculin de l’homme fort sur qui on peut compter devient selon moi une généralité d’hommes qui « aiment être dirigés » comme tu dis.

  • http://www.amha.fr E.R.84

    Mais si il reste UN homme… Un vrai.. PASCAL BRUTAL! ^^
    Joli article cher confrère :)

  • Tieu

    « on vit dans un monde ou les hommes d’aujourd’hui sont élevé par des femmes »

  • http://geekanddestroy.free.fr Force Rose

    Quant à l’absence de représentation de « vrais hommes » (= des poils, des muscles) dans les médias, j’ajouterai l’absence de « vraies femmes » (= des fesses, des nichons) : regardez bien les affiches top fashions et vous ne trouverez que des adolescentes maigrichonnes, certes à moitié à poil, mais aussi excitantes que Martine à la plage.

    Je suis finalement assez d’accord avec la conclusion que les différences physiques hommes/femmes ont tendance à s’estomper avec la fin de la différenciation des tâches.

    En revanche, le coup des différences psychologiques (l’homme fort et protecteur, gnagnagna) ça n’a jamais existé ! Je rejoins complètement Rousille sur ce point.

    Et je répondrais à Tieu que partout dans le monde, et depuis toujours, les hommes sont élevés par des femmes ;-)

  • http://www.sexe-faible.fr/tag/gyr/ Gyr

    Ah mais ça, Force Rose, c’est une évidence.

    Genre le magazine Elle qui avait titré « Ronde mais jolie » (ou quelque chose du genre) avec des filles taille 38 qui se sentaient quand même bien dans leur corps malgré leur volume astronomique… Qu’est-ce qu’il faut pas entendre.

  • JR

    Et de toute façon « les hommes préfèrent les rondes ». j’ai une haine incommensurable contre les mannequins de défilés et l’univers qui les entoure.

  • Alex

    L’être idéal est une utopie, qui ne pousse sans cesse à réfléchir sur ce que l’on est et ce que l’on attend de l’autre, une recherche de soi en lui ou elle…

    Les relations entre les hommes et les femmes ont évolué ou peut être est ce le contraire (qui sait ???), les hommes raffinés ont toujours existé, tout comme les gros relou, les timides, et les mecs sûrs d’eux. Je pense qu’il est faux de croire que les hommes étaient plus sûr d’eux ou de même de croire que les femmes étaient plus faciles par le passé.

    Bravo mon JR, j’adore ce nouveau site

    Le monde a changé, les distances n’existent plus, les moyens de communiquer aussi, l’information est partout, la culture formate nos pensées, on ne voit que trop de films ou séries où il suffit d’un regard pour dire je t’aime, ou bien d’autre ne traitant que de l’insouciance, ou de l’auto-satisfaction, d’être heureux soi même. Nous avons la possibilité de rencontrer plus de personnes hommes et femmes.

    Est ce que la domination de l’homme sur la femme définit l’homme ???

    Enfin, en écrivant, une réflexion m’est venu. Je parle d’une manière générale, les hommes sont la plupart du temps d’une force physique supérieure à leurs partenaires, je préfère le redire, je parle d’une manière générale. De ce fait, en situation de soumission, l »homme a la possibilité de retourner la situation de domination, sans que l’autre ne l’est sollicité….

  • http://Lledelwin.canalblog.com LLedelwin

    Mmmm, peut-être, m’enfin, arriver à péter les liens en corde de chanvre où démantibuler les menottes, même en fourrure, par sa simple force… Vive Hulk !

    Sinon, très juste, la réflexion sur l’idéal, l’utopie, le mec. Du temps ou la masculinitude couillue, virile, qui tabasse des boucs avec une batte et ne dis pas merci, l’idéal masculin, c’était très probablement le mec carpette qui fait tout ce que lui demande sa dame, sans moufter, sans gueuler, sans demander à faire un remake de deep throat à l’arrière du champ de lice et avec le sourire s’il vous plait. Amour courtois, qu’on appelle ça, parait

  • Alex

    ne pas confondre, domination avec soumission !!!

  • http://mayavega.blogspot.com/ gr3nade

    @ Alex

    « ne pas confondre, domination avec soumission !!!  »

    difficile, quand il s’agit d’opposés.

  • http://jklm@nju.com log

    Mais arrêtez de généraliser; chez moi et chez beaucoup de mes amis c’est l’homme qui porte la culotte et qui commande; arrêtez de fantasmer.
    Ps: si les hommes sont (pas tous) élévés par les femmes; les femmes sont protégées par les hommes et depuis la nuit des temps.

  • bob

    « J’ai l’amour d’une mère pour son enfant. Le problème c’est que je suis pas une mère et j’ai pas d’enfant… » (Alain Turgeon, cité de mémoire et donc approximativement)